Le Prix de français de la Société Académique Vaudoise récompense chaque année un mémoire de master ou une thèse de doctorat soutenu(e) à l’UNIL et se distinguant par l’excellence de sa rédaction, la qualité de sa langue et la clarté de son expression.
Doté de CHF 5’000.–, ce prix met à l’honneur la maîtrise du français dans toutes les disciplines et souligne l’importance d’une écriture scientifique exigeante et accessible.
Cette année, le jury de la Société Académique Vaudoise a décerné le prix, à l’unanimité, à François Demont pour sa thèse Le Moment misologique de la littérature française.
Ce travail interroge la « méfiance envers le langage » dans le discours littéraire français entre 1936 et 1948, en s’appuyant notamment sur les réflexions de Jean Paulhan et les prises de position de plusieurs auteurs gravitant autour de la Nouvelle Revue française. Ce moment (misologique), qui s’est cristallisé entre les années 1930 et l’immédiat après-guerre, voit de grands écrivains, essayistes et critiques du XXᵉ siècle – tels que Paulhan, Caillois ou Leiris – formuler une méfiance profonde envers le langage.
C’est ce paradoxe qui a guidé la recherche de François Demont : ces auteurs qui doutent de la langue, qui en soupçonnent les facilités, les trahisons ou les impostures, comptent aussi parmi les plus grands stylistes de la littérature française. Ils accusent le langage, mais ils le travaillent ; ils le soupçonnent, mais ils ne cessent d’en éprouver les ressources ; ils disent son insuffisance, mais c’est encore par lui qu’ils cherchent une forme de justesse. ●